L'avis de RicochetAu début du récit, l’action se situe en Algérie en novembre 1954. Nous sommes au tout début de l’insurrection algérienne et beaucoup pensent alors que la situation va se rétablir rapidement et qu’il ne s’agit que d’une flambée de colère passagère. Le récit commence dans un tout petit village où vit un jeune berger, Saïd, qui a trouvé de beaux carnets de peintre et qui les lit le soir. C’est autour de ce personnage et de ce village que va s’articuler ensuite toute l’histoire. Puis on va suivre en parallèle le destin de différents personnages qui ne réagissent pas de la même manière bien sûr, selon la place qu’ils occupent dans la société : il y a Marianne et Sauveur, vivant à Alger et encore insouciants ; Samia, l’impétueuse étudiante en médecine et son cousin Ali, qui souffrent tous deux du mépris des colons envers leur peuple et qui vont se radicaliser ; Octave, cousin de Marianne, un soldat rentré récemment de Dien Bien Phu, aux idées généreuses et humanistes qui condamne ses supérieurs pratiquant la torture, les interrogatoires musclés et les arrestations arbitraires dans les villages ; et enfin Mourad, un jeune homme qui rejoint le FLN dans les maquis, impatient d’en découdre avec les soldats français.
Ferrandez montre encore une fois sa sensibilité et son talent de raconteur d’histoire, mêlant habilement les destins individuels et les événements historiques. Il ne cherche jamais à juger mais s’attache à analyser le parcours de tous ses personnages. Il ne gomme pas les sujets brûlants de la guerre d’Algérie, notamment le problème de la torture qu’il montre sans s’y attarder de façon appuyée. Le tout est très intelligemment fait, servi par une mise en couleurs lumineuse et un découpage original, disposant par exemple ses cases sur un dessin déroulé sur deux pages tel un somptueux décor de cinéma. Même le lettrage est soigné, différent selon que le locateur est français ou algérien. A ne rater sous aucun prétexte. Catherine Gentile Voir la chronique de Catherine Gentile
L'éditeur : CastermanCréée en 1780 par Donat Casterman, cette entreprise d'imprimerie et d'édition se succède de père en fils depuis plus de deux siècles. En 1934, Louis Casterman prend le relais du Petit Vingtième pour la publication en recueil des Cigares du Pharaons, le quatrième épisode des aventures de Tintin... |