L'avis de RicochetLe monde où habite Jaad, jeune orphelin boiteux, est entouré de la « Grande Faille », gouffre de brumes dont personne ne sait ce qu’il cache. Le seigneur Tynar profite de cette situation pour exercer sa tyrannie. Jaad découvre le moyen de se déplacer rapidement dans la faille en utilisant les vents. Il surfe sur une samarre (fruit du frêne en forme d’hélice), puis un bouclier de bois. Il parvient ainsi à la ville de Norach, gouvernée par un roi désespéré de la mort de son fils (secrètement assassiné par Tynar qui veut prendre le pouvoir dans cette région). Aidé d’amis – des enfants des rues – et de son père qu’il croyait mort et qu’il retrouve par hasard dans les airs, Jaad participe à la libération du pays. Son père retrouve sa place de noble seigneur auprès du bon roi.
A y bien réfléchir, l’intrigue est assez classique : un héros pauvre, handicapé, mais intelligent, veut réagir contre le joug qui oppresse son pays. Sans le savoir, il suit les traces de son père (thème de la filiation) et permet d’une part la réhabilitation de ce dernier, d’autre part la sauvegarde du pays tout entier. A partir de là, Alain Grousset brode. L’idée d’un au-delà mystérieux et inaccessible, et surtout qui le reste à la fin (la « Grande Faille » ne semble pas avoir de limites) est intéressante. Faut-il voir dans le fait de pouvoir franchir le gouffre un symbole de la liberté ? Auquel cas celle-ci demeurerait relative, loin d’un manichéisme souvent propre à la littérature de jeunesse… A moins que l’auteur n’ait voulu simplement écrire un roman fantastique qui fasse plaisir à lire…
J’ai rencontré un problème de terminologie : si l’époque n’est pas identifiable clairement, on suppose cependant plus ou moins un Moyen-Age (roi et seigneurs, châteaux et mendiants…). Or, Jaad « surfe » sur les vents, c’est le mot utilisé. Le décalage est flagrant par rapport au reste du texte. Personnellement, cela m’a sauté à l’œil, en cartésienne maniaque… Il n’en reste pas que Les Passe-Vents est un roman de qualité qui illustre bien la propriété intrinsèque à la fiction de nous transporter, nous faire voyager dans l’imaginaire. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |
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