L'avis de RicochetLou, son chien Yuc et sa famille emménagent dans une nouvelle maison. Sur la porte de son placard, Lou découvre des stries correspondant aux tailles des membres des occupants précédents. Avec les quelques indications du voisin, un vieux monsieur bougon, elle remonte la piste et découvre un adolescent et une petite fille, immigrants travaillant dans un atelier clandestin de couture. Accompagnée de Yuc, Lou se met en danger pour rassembler des preuves, des photos, avant de tout dire à ses parents. La police est prévenue. Dans une apothéose d’accident de voiture heureusement bénin, les deux enfants sont sauvés.
Ce que l’on voit en premier, c’est l’écriture, très originale : une alternance incessante entre la narration de l’humaine Lou et celle du chien Yuc, cette dernière en italique. Les deux amis sont parfois sur la même longueur d’ondes (« J’ai envie de faire pipi », p. 11), parfois non, et ces décalages sont sources d’humour (par exemple, au poste de police, Yuc se croit chez le vétérinaire !). Cette inventivité capte l’attention, donne envie de savoir la suite. Elle est bienvenue dans une histoire grave qui parle d’un sujet encore trop réel à notre époque, et que bon nombre de jeunes, privilégiés, ne connaissent pas bien. L’enquête de Lou se fait assez facilement (trop ? – elle découvre tout de suite les bons indices, n’est pas repérée par les chefs du réseau…), et les dernières pages sont un « very happy end » (les enfants peuvent rester chez leurs sauveurs, sans difficultés administratives). Le personnage secondaire du vieux voisin irascible est intéressant car il témoigne de la passivité des masses face aux violations des lois, tout simplement pour préserver leur tranquillité dans une société individualiste à l’extrême.
Entre Chien et Lou est la preuve que l’on peut traiter pour la jeunesse de sujets d’actualité « sérieux » sans tomber dans une morne austérité, mais en préservant une qualité d’écriture. Personnellement, je le prendrai comme un contrepoint à la collection J’Accuse de chez Syros, bien documentée (alors qu’ici, le lecteur n’a aucun élément pédagogique) mais à la fiction introductive souvent fade. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : RouergueLe département jeunesse des éditions du Rouergue a été créé en 1994 par Olivier Douzou juste après la parution de son premier album, Jojo la Mache. Auparavant, Olivier Douzou, alors salarié d'une agence de graphisme parisienne, avait réalisé la mise en page de plusieurs ouvrages des éditions du... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)L'auteur aborde un sujet grave mais l'histoire reste humoristique !
a lire absolument
Sinon l'histoire est pas mal !!!