L'avis de RicochetMiriam, jeune fille de quinze ans un peu timide, se voit offrir par sa mère une mini-jupe en jean, qui attire la convoitise du bel Horace… Flattée, elle se perd dans des rêves romantiques. Puis se pose des questions quand Horace ne veut la voir qu’avec ses amis… Atteint enfin l’horreur dans un sous-sol désaffecté d’immeuble. Rapidement, elle avoue tout à son amie Mélie. Elle oppose d’abord aux adultes alertés une froide indifférence, la sensation d’avoir commis une faute, l’envie de se suicider. La reconstruction se fait lentement grâce à Mélie et l’afghane Shaïma tout juste immigrée de son pays en guerre.
Miriam, à la première personne, présente chronologiquement des faits et des sensations, raconte avec raison comment elle a failli perdre la raison. L’émotion directe y perd peut-être un peu, mais le ton en devient très personnel : elle décrit son expérience, ne se soucie pas d’en faire un modèle à la fois d’agression en banlieue et aussi de cette résilience si prisée aujourd’hui. Le lecteur la suit dans son cheminement psychologique, passant insensiblement avec elle de la naïveté à la haine de soi avant de glisser vers un lent apaisement trouvé dans… le pardon. La voie (un peu étonnante de mon point de vue, je l’admets) est amenée par Shaïma, dans un parallèle guerre/viol intéressant. Il s’agit bien de la solution propre à Miriam pour continuer à vivre : elle refusera parallèlement de témoigner contre ses agresseurs, malgré les conseils de ses proches. La famille qui évolue autour de la jeune fille contribue encore à donner une profondeur réaliste au roman : père parti, mère maladroite qui ne sait pas voir, petit frère symbole de l’innocence. Sans coup d’éclat, Printemps volé est une façon réussie d’aborder simplement le sujet, un moment de vie dur au bout duquel on sent la narratrice heureuse de passer à autre chose : l’été. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Pocket JeunesseJusque dans les années 80, Presses Pocket publiait, sans politique édititoriale véritable, les titres du Groupe de la Cité. La trésorerie repose alors presque exclusivement sur la publications des oeuvres de Pagnol, constituant bientôt une collection autonome. L'arrivée en 1988 de Leonello Brandolini... |
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