L'avis de RicochetLes parents de Thérèse divorcent. « Viiiouuufff » (p. 19). Le monde s’effondre. Randi-Irène, la grande sœur un peu autiste, ne comprend heureusement rien. Mais « je prie : pour que papa et maman, en fin de compte, ne se séparent pas ; pour qu’il me montre, à lui de se débrouiller, qu’il existe ; pour qu’il me voie parce que je me sens tellement seule et que je n’ai qu’une envie : mourir. » (p. 29).Elle rencontre Jan au groupe de l’aumônerie. Elle tombe amoureuse, le harcèle à propos d’un prétendu exposé sur les catastrophes naturelles et la fin du monde, rédige avec lui une liste de 12 choses à faire avant de mourir. Sage et mature, chrétien pratiquant, Jan ne semble pas s’intéresser à Thérèse jusqu’à un voyage impromptu à Rome, où, sur le conseil de son irascible grand-père, elle l’embrasse.
Bjorn Sortland nous narre la folie de l’adolescence, pas dans son caractère explosif, mais dans la douceur lente et évolutive qu’elle peut avoir. Thérèse, la narratrice (déjà un peu adulte par l’obligation qu’elle a de s’occuper de sa sœur) illustre un principe du Manuel de l’Aquarium de Randi-Irène : « Un poisson sain est un poisson qui a faim » (p. 174). La jeune fille a soif de vivre des expériences qu’elle juge indispensables, et peur de ne pas avoir le temps. Elle vit donc dans une urgence, mais une urgence positive, qui ne l’amène pas à des comportements dangereux mais à des actions d’apprentissage (certes, le voyage à Rome est un peu aventureux, mais elle n’est pas seule).
Je m’interroge sur la place centrale de la religion. Importante pour Jan, la pratique de la religion l’est moins pour Thérèse. Dans quelle mesure faut-il alors comprendre son influence sur les deux jeunes gens, et donc sur l’idéologie véhiculée par l’ouvrage ? Une phrase de Jan (« Parfois, il n’est pas facile à suivre, Dieu » p. 154) permet de relativiser cependant.
12 Choses à faire avant la fin du monde est en tout cas très original dans la littérature de jeunesse actuelle. Son écriture est très correcte. Une vision douce et légèrement onirique de l’adolescence…
NB : la couverture avec les petits poissons est très jolie, mais cela n’a aucune importance… Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Thierry MagnierEnseignant, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, rédacteur en chef d'une revue et auteur d'un album chez Gallimard jeunesse, Thierry Magnier a créé sa maison d'édition en 1998. |
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