L'avis de RicochetRoy et Reine n’ont pas d’enfants et s’en désolent. Arrive finalement la petite Belle, enfant à laquelle ses marraines fées ont donné tous les dons. Mais la méchante tante Christiane lui prédit un drame à 16 ans, d’une piqûre de stylo. Et en effet, Belle se piquera, et deviendra dépressive, anorexique. Sa rencontre avec Prince, comédien d’une troupe itinérante, sa découverte du théâtre vont lui redonner goût à la vie.
La première pièce de théâtre de Geneviève Brisac est évidemment une variation moderne autour de La Belle au bois dormant. La quenouille est remplacée par le stylo, le sommeil par les troubles du comportement alimentaire, et le baiser par le théâtre (« thérapie » souvent conseillée à l’adolescence, d’ailleurs, et Belle écrira une pièce qui raconte sa propre vie). Prince, jeune premier un peu lâche, n’apparaît que dans quelques dialogues, le reste du temps écrasé par… sa maman avec laquelle il vit toujours ! Dans un détournement d’usages du genre du théâtre, un conteur et une conteuse annoncent et commentent l’action, mais avec des ingérences pleines d’humour. Les personnages ont de nombreux passages chantés aux rimes volontairement approximatives (écrits par Alice Butaud, ils s’intègrent avec beaucoup de naturel au reste du texte) qui doivent donner allant, fantaisie à la pièce quand elle est jouée. A l’écrit, les illustrations rondes et chaudes de Nadja sont absolument formidables, couleurs franches et mouvements expressifs. Je vois des choses que vous ne voyez pas est finalement un récit d’apprentissage, d’acceptation du passage à l’âge adulte, dans un emballage à la fois théâtral et merveilleux, classique et original : réussi ! Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
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