L'avis de RicochetElisabeth Brami dédicace son livre aux professionnels de l’éducation et de la lecture : une manière de positionner l’ouvrage dans le domaine pédagogique, et en effet, elle veut bien inciter le lecteur à découvrir d’autres livres. Mais cet aspect « scolaire » ne va pas plus loin : tout est fait pour rendre la consultation de L’Anti-livre ludique et agréable. L’auteur a d’abord choisi le système du calendrier : un extrait par jour, et pas plus, sauf si on le souhaite ! Un petit rituel peut s’instaurer, la dépendance suivra… Les illustrations, ensuite, violettes tout comme le texte (un rappel nostalgique de l’encre des écoliers d’autrefois ?), attirent irrésistiblement l’œil et appellent à un certain décodage : ce sont des collages, des dessins, des découpages savamment entremêlés, mis en trame de fond ou au milieu de la page, et qui interprètent la citation avec humour et malice. Rien d’étonnant dans cette inventivité foisonnante : Claire Faÿ, restée enfant dans l’âme, est l’auteur des Cahiers de taches, de gribouillages (Panama) qui ont connu un succès certain auprès des adultes. Enfin, après chaque citation, parce qu’il ne s’agissait pas de laisser le lecteur en plan, Elisabeth Brami a imaginé deux questions, d’ordre culturel, lexical, analytique mais aussi émotionnel : elle propose au lecteur de se mettre en situation et de réfléchir sur lui-même, sa vie, ses aspirations, ses peurs… Une manière intelligente de planter des interrogations dans la tête des jeunes. On trouve par exemple : « Le garçon répond « oui », mais il pense « non ». Cela vous arrive-t-il ? », « Vous arrive-t-il aussi de découvrir un autre message derrière ce que vos parents vous disent ? Quel effet cela vous fait-il ? ». Les textes choisis sont ceux d’auteurs classiques ou plus contemporains : tous les grands noms de la littérature jeunesse sont convoqués, ainsi que quelques-uns de l’édition pour adultes (Marguerite Duras, Romain Gary, Annie Saumont…). Si certains reviennent plusieurs fois, ce n’est jamais pour le même livre. L’organisation chronologique des extraits est plus ou moins thématique. Admettons que deux ou trois jours peuvent éventuellement se suivre en traitant d’un même sujet : encore une manière de provoquer des comparaisons, une réflexion chez le lecteur. La fin propose habilement deux index : un par titres, un par auteurs, et on nous conseille fortement d’aller en librairie ou en bibliothèque. A déguster toute l’année, ce petit livre est simplement parfait ! Ne reste plus aux adultes qu’à l’offrir aux jeunes de leur entourage... Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Albin Michel Jeunesse Les livres jeunesse ont eu leur place au catalogue dès la création d’Albin Michel en 1900. Mais, avec la pénurie de papier de l’après-guerre, les publications jeunesse s’arrêtent. Ce n’est qu’au début des années 1980 que Francis Esménard,... |