L'avis de RicochetUne mère et sa fille de quinze ans, Claire, correspondent par petits mots sur le frigo. Listes de courses, nettoyage de la cage de Jeannot Lapin, oubli des clés, baisers tendres, appels téléphoniques… Tout y passe et les deux femmes s’accommodent de ce mode de communication même si elles regrettent de peu se voir (la mère est une gynécologue très occupée, la fille fait du baby-sitting, voit ses amis…). Un jour, la mère tombe gravement malade, et les petits mots prennent une toute autre signification.
Le roman d’Alice Kuipers est édité en même temps sous deux couvertures différentes, une adulte et une jeunesse. Parce qu’il s’adresse aussi bien aux parents qu’aux enfants… Au vu des premières pages, on s’attend à une variation légère sur l’adolescence et ses petits soucis, mais le tragique pointe brusquement son nez, nous faisant entrer dans un suspens douloureux. Les petits mots prennent alors valeur symbolique de lien entre la mère qui n’arrive pas à parler directement de sa maladie (« Je sais bien que c’est plus facile de poser ces questions par écrit. », p. 91) et la fille qui en réalise mal les enjeux (« Il y a beaucoup de choses dans ta lettre que j’ai trouvées difficiles à lire. », p. 219). Oscillant entre fuite et soutien, Claire continue sa vie de jeune adolescente, peine à s’adapter à la situation, d’autant plus que sa mère fait tout pour ne rien changer au quotidien. Ce n’est que vers la fin du livre que la malade s’autorise des faiblesses, s’excuse ensuite des mouvements d’humeur qu’on devine entre deux mots sur le frigo, demande à sa fille si elle a été suffisamment bonne, etc. Les rôles s’inversent à ce moment, et Claire protège sa mère… Ce petit ouvrage bouleversant à la forme atypique touche bien plus que de longs discours ou des analyses de caractères : à lire absolument. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Albin Michel Jeunesse Les livres jeunesse ont eu leur place au catalogue dès la création d’Albin Michel en 1900. Mais, avec la pénurie de papier de l’après-guerre, les publications jeunesse s’arrêtent. Ce n’est qu’au début des années 1980 que Francis Esménard,... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)post-it n'est pas mal et rend le livre très facile à lire et agréable. Je le conseille vraiment.