L'avis de RicochetSara, 17 ans, veut être célèbre à n’importe quel prix et sous n’importe quelle identité. Elle entretient une relation difficile avec son corps et sa personnalité, et porte souvent des masques. Sa rencontre avec Jonathon Heat, star de la chanson défigurée par de nombreuses opérations de chirurgie esthétique, doit, selon elle, changer sa vie. Mais que veulent exactement Heat et son médecin attitré, le docteur Kaye ?
Avant tout, Melvin Burgess prouve ici une maîtrise talentueuse du suspens : la construction de son roman est un modèle. Un prologue introduit le narrateur, Burgess lui-même, qui s’est fait journaliste pour enquêter sur l’affaire Sara. L’écrivain rappelle la notoriété du drame, parle de ses sources… Un début très prometteur. Commence ensuite l’histoire, compte-rendu circonstancié des recherches du narrateur. Il raconte de manière linéaire, suivant tour à tour les personnes qu’il a interviewées : le petit ami Mark, la meilleure amie Janet, l’infirmière Bernadette, etc. Leurs propos sont soit cités entre guillemets soit rendus au discours indirect libre pour un naturel très sûr. Le narrateur n’oublie pas de placer régulièrement des allusions au futur afin de relancer l’attention, et insiste sur les énigmes, les questions restées sans réponses… Ce récit global est entrecoupé de relations de vidéos, les films que Sara réalisait en guise de journal intime. C’est le seul lien direct avec l’héroïne, puisque la personne retrouvée en épilogue (habile) par le narrateur affirme ne plus être Sara, dont elle parle à la troisième personne. Le thème est quant à lui très riche, multiple : réflexion sur la célébrité, sur l’identité, sur l’art, sur la médecine… Heat fait évidemment penser à Mickaël Jackson, mais aussi à l’artiste Orlan dont la matière de travail est son propre corps. Jusqu’où ces modifications sont-elles techniquement envisageables (Le Visage de Sara bascule un peu dans le fantastique), psychologiquement viables ? L’utilisation des masques par les fans du chanteur met d’abord mal à l’aise avant de plonger rapidement dans le glauque, et le lecteur suit les hésitations de Sara avec un mélange de compassion et de rejet : Est-elle folle ? Manipulatrice ? Victime ? Un thriller étrange, angoissant, captivant. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)On ressent bien que Sara est une fille mal dans sa peau et qu'elle essaye de changer,et de devenir une "star",sans y arriver d'un point de vue...
FELICITATION