Coup de pouce


Auteur du Guide de l'Edition Jeunesse (Voir l'entretien réalisé avec C. Loupy), et directeur de publication de MCL Editions, Christophe Loupy est aussi conseiller littéraire en édition jeunesse et aide quotidiennement les auteurs et illustrateurs en répondant à leurs interrogations. Collaborant depuis des années avec de grandes maisons d'éditions (Flammarion, Pocket, Magnard, Belin, Milan, Nord-Sud), habitué à travailler pour toutes les tranches d'âges, pour divers médias (livre, presse, multimédia), traduit dans de nombreuses langues et édité internationalement (Etats-Unis, Australie, Royaume-Uni, Nouvelle Zélande, Canada, Japon, Chine, Corée, Slovénie, Allemagne, Hollande, Finlande, Italie, Portugal, Grèce), il propose ici une Foire Aux Questions qui reprend les questions qui lui sont le plus souvent posées :


Je viens d'écrire un texte que je veux envoyer aux éditeurs. Dois-je le protéger avant ?
Il existe une phobie des auteurs concernant le vol de textes par les éditeurs. Cette peur n'est pas fondée. Un éditeur ne s'amuse pas à ce genre de chose. Aucun risque donc, de ce côté-là. En revanche, si une copie de votre texte, à force de circuler, tombe entre des mains malhonnêtes (1 chance sur 1000, mais ça peut arriver), il est préférable que vous l'ayez protégé. De nombreux organismes proposent le dépôt de textes (SGDL, SACD, SNAC, SCAM, INPI), certains le font même en ligne, par cryptage numérique. Surfez sur leurs sites et comparez leurs prestations et leurs prix. Ce n'est pas très cher et ça apporte une certaine sérénité dans le travail.

J'ai préparé une maquette d'album (texte et images), puis-je l'envoyer sans risque ?
Pour le texte, voir ci-dessus. Pour les images, n'envoyez jamais vos originaux. Ils pourraient s'abîmer pendant le transport ou sur les bureaux où ils circuleront. Faites des photocopies couleurs de vos illustrations et montez votre maquette avec. De plus, autre avantage, vous pourrez préparer plusieurs maquettes et les envoyer à plusieurs éditeurs simultanément, ce qui vous fera gagner du temps car les délais de réponse des éditeurs sont parfois très longs (minimum deux à trois mois).

Je ne sais pas comment régler la longueur de mes textes en fonction de l'âge des enfants. Comment faire ?
Tout d'abord, il faut que vous soyez capable de définir vous-même à quelle tranche d'âges s'adresse votre texte. Ensuite, en fonction des éditeurs et des collections visés, allez voir chez votre libraire quel calibrage font leurs textes pour calquer le vôtre sur le leur. Le calibrage est le nombre de signes (un signe est un caractère ou un espace). Pour ce faire, vous comptez le nombre de signes sur une ligne et vous le multipliez par le nombre de lignes du texte. Les calibrages, d'un éditeur à l'autre, d'une collection à l'autre, peuvent varier. À titre indicatif, un album peut faire entre 0 et 5.000 signes ; un roman 6-7 ans, de 3 à 5.000 ; un roman 7-8, de 10 à 15.000 ; un roman 9-10, de 40 à 60.000 ; et un « 11 ans et plus » de 70 à 180.000, voire, pour les grands formats (style Harry Poter et autres) jusqu'à 200.000 ou 300.000.

Pourquoi je « rame » pour caser mes projets alors que d'autres les casent facilement ?
Les éditeurs reçoivent aujourd'hui énormément de projets. Certains de ces projets tombent exactement sur ce dont ils ont besoin pour leurs collections, et d'autres non. Pour savoir ce que les éditeurs recherchent, il faut être déjà soi-même dans le circuit et avoir accès aux publications professionnelles, ou connaître quelqu'un de bien placé qui profite des « bruits de couloirs ». Sinon, il est très difficile d'avoir ces infos confidentielles. Pour contrer ces difficultés et aider les jeunes talents à éclore, j'ai décidé de rassembler une fois par an, dans Le Guide de l'Edition Jeunesse, tous les appels d'offres des éditeurs de l'année en cours. Ces annonces professionnelles, s'adressant aux auteurs mais aussi aux illustrateurs, permettent ainsi chaque année, aux artistes débutants de proposer des projets « sur mesure » aux éditeurs et de signer leur premier contrat.

Existe-t-il des « codes » pour la présentation d'un manuscrit ?
Oui. Un manuscrit non fonctionnel ou mal relié gênera le lecteur et risque d'être écarté bêtement. Il est donc conseillé de présenter son travail selon les règles. Travaillez la lisibilité : police courante (Times ou Arial), 12 points, interligne double et marges suffisantes pour que votre lecteur puisse annoter facilement, et n'imprimez que les rectos. En ce qui concerne la reliure, une agrafe suffit pour un texte de deux ou trois feuillets, sinon, préférez la reliure à spirale. Dans ce cas, pensez à numéroter vos pages et à indiquer vos nom et contact, au cas où votre correcteur retirerait la reliure, préférant travailler sur les feuillets mobiles.

J'ai constitué mon book, j'ai mis en ligne mes illustrations sur le site Ricochet, j'ai envoyé des échantillons à des éditeurs, mais cela, visiblement, ne suffit pas pour accrocher un éditeur. Que puis-je faire de plus ?
Dans le milieu artistique, rien ne vaut la rencontre et la communication verbale. Avoir du talent ne suffit plus aujourd'hui, sur un marché très professionnalisé. En plus de votre talent et de votre créativité, il vous faudra « vendre » votre dynamisme, votre volonté, votre sérieux. En effet, si un éditeur vous réclame une dizaine d'illustrations pour la semaine suivante et qu'il sait que votre travail sera terminé à temps et irréprochable, même avec un délai aussi court, il sera ravi de vous avoir dans son équipe. Il est donc important, pour vous, de rencontrer les éditeurs et de les convaincre de votre professionnalisme. S'il est pratiquement impossible d'obtenir un rendez-vous avec les éditeurs au siège de leur société, il est en revanche assez facile de les rencontrer lors des salons du livre. N'hésitez donc pas à arpenter un maximum de salons avec votre book sous le bras et à communiquer verbalement sur votre travail et vos compétences professionnelles.

Je souhaite envoyer un manuscrit à des maisons d'édition, que dois-je noter sur la lettre d'accompagnement ?
En ce qui concerne la forme, il n'y a pas de règle. Ou plutôt, il y a autant de règles que d'interlocuteurs. Un directeur de collection tombera sous le charme d'un courrier léger, voire humoristique (car cela le sortira du quotidien des lettres stéréotypées), là où un autre ne sera pas du tout sensible à l'originalité et préférera le courrier plus "académique" dont il a l'habitude.
En ce qui concerne le fond, voici quelques conseils :
- Si vous jugez que votre lettre peut apporter des précisions sur votre oeuvre, profitez de ce courrier pour les mentionner.
- Si vous pensez qu'elle peut montrer que votre oeuvre a quelque chose de vraiment original, notez-le de façon à donner envie à votre lecteur de découvrir votre texte.
- Si vous pensez que votre vécu professionnel peut intéresser votre lecteur, parlez-en en toute simplicité.
- Enfin, précisez à votre interlocuteur qu'il peut, s'il le désire, vous faire sa réponse par e-mail. Cela présente certains avantages : tout d'abord, cela permet une réponse plus rapide, et ensuite, cela permet (quand une lettre type n'est pas déjà en mémoire dans l'ordinateur) d'obtenir un courrier plus personnalisé.

Tous les manuscrits que j'ai envoyés aux éditeurs sont revenus avec la lettre type de refus. Cela ne m'apporte rien pour progresser. Comment faire pour savoir ce qui pêche dans mes textes ?
Les éditeurs sont comme tout le monde, ils ne disposent que de journées de 24 heures. Aussi, s'ils veulent lire tous les manuscrits et répondre à tous les auteurs, ils doivent s'organiser. La lettre type, si elle est frustrante pour les auteurs, est l'une de leurs solutions pour pouvoir répondre à tous les courriers. Si vous voulez savoir ce qui pèche dans vos textes, il faut vous adresser ailleurs. La personne qui pourra vous aider dans ce domaine est un conseiller littéraire. Son rôle est de lire ce que vous faites, de vous aider à identifier vos faiblesses et de vous conseiller dans la réécriture de votre texte. Certains proposent leurs services sur internet. N'hésitez pas à comparer leurs prestations et leurs tarifs. Si vous estimez que vos lacunes sont peu importantes et que vous disposez d'un petit budget, vous trouverez en ligne sur www.leguidedeleditionjeunesse.com, un service de conseils personnalisés, que j'ai mis en place pour venir en aide aux auteurs.

Enfin, si vous avez des questions qui ne figurent pas encore dans cette FAQ, n'hésitez pas à les poser à contact@leguidedeleditionjeunesse.com et vous recevrez, gratuitement, une réponse personnalisée par retour de mail.
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