Les élèves de CM2 de l'Institut Notre-Dame de Laeken |
Ariel et le Dirham magique |
| L’histoire de ce projet commence au début de l’année scolaire 2000-2001. Initialement, en effet, tout démarre par l’idée de construire une véritable pièce de théâtre, originale et centrée sur la culture arabo-musulmane qui est celle de la majorité des élèves. Toute l’année scolaire 2000-2001 sera ainsi consacrée à la réalisation de ce projet, auquel participe de manière approfondie deux professeurs, le titulaire de la classe et l’institutrice chargée de l’éveil artistique dans le cadre de la discrimination positive. A l’un la responsabilité de l’élaboration du texte et la mise en scène, à l’autre la responsabilité des costumes et des décors. Le travail se fait exclusivement en petits groupes, ce que la présence de l’institutrice travaillant dans le cadre de la discrimination positive rend possible. Ainsi, le texte est mis au point, retravaillé en fonction des exigences théâtrales, puis enregistré et placé sur une bande avec la musique d’accompagnement. Les répétitions se font plus nombreuses, les costumes et les décors sont élaborés par la seconde équipe (en tournante, pour que chacun puisse participer). On s’active pour trouver les accessoires nécessaires. Et, à la fin de l’année, enfin, LA représentation. Unique, devant les garçons et les filles de l’école voisine, que l’on a invités pour l’occasion. Quelle fête, quelle réussite. L’histoire d’Ariel, de la princesse, du méchant vizir et du brave magicien remporte un franc succès. Il faut voir les sourires des apprentis acteurs à l’issue de la représentation, les compliments des grandes personnes, les applaudissements des condisciples. Une seule représentation, et déjà, l’année scolaire est terminée. Et c’est la dislocation du groupe, car, dans deux mois, chacun se retrouvera dans l’enseignement secondaire. Quel dommage. En septembre, la nouvelle classe, montée de cinquième, se cherche de nouveaux objectifs. Tiens, on se rappelle de la pièce jouée juste avant les grandes vacances. Et si on en faisait une histoire, illustrée par nos propres dessins ? L’idée est lancée. Accord des deux adultes responsables du projet théâtre de l’an dernier. Et l’aventure commence. C’est qu’il n’est pas simple de transformer une pièce de théâtre, où tous les textes sont des dialogues, en conte des 1001 Nuits, où des descriptions, des explications, des narrations sont nécessaires. Sept mois vont se passer pour toucher enfin au but : le texte est prêt, les dessins le seront bientôt. Le travail a été réalisé sur le même canevas que l’an dernier : travail en petits groupes, tournante. Recherche de nouveaux épisodes, de personnages caractéristiques, de descriptions simples, mais précises, courtes mais amusantes, lecture, relecture, correction, simplifications,… Le travail est considérable. Mais l’enthousiasme reste vif : « Monsieur, vous croyez qu’on pourra recevoir un exemplaire ? » « Et si Ariel faisait comme ceci. » « Et si le djinn était comme ça ». L’histoire est maintenant finie. Les enfants sont impatients de savoir si « leur » texte est susceptible d’intéresser un éditeur. Nous vous livrons ce qui est leur travail, leurs efforts, leurs idées. Pour l’essentiel, il est le fruit de nombreuses heures de travail, de corrections innombrables. Et surtout, il est le fruit de l’imagination d’enfants de 11 et 12 ans, qui ont décidé de prouver que, dans une école d’un milieu difficile, défavorisé comme on dit, des choses sont possibles. Sans beaucoup de moyens, mais parce qu’on le veut. Ils ont prouvé, ces enfants, qu’il est possible de réaliser des actions positives, de créer, de raconter une histoire où le méchant est puni et où l’amour triomphe. Qu’ils en soient ici remerciés. Nous, leurs professeurs et parrains du projet, nous ne pouvons que les suivre et vous prier de bien vouloir accorder au texte ci-joint toute l’attention qu’il mérite, tout en reconnaissant ses imperfections. Il est, pour sa plus grande part, création d’enfants de 11 et 12 ans, les adultes n’ayant fait que collaborer à la mise en forme – orthographique surtout – du conte. Nous pensons qu’il s’agirait pour ses enfants d’un incroyable succès, d’une formidable victoire sur leur environnement, d’un encouragement à « oser » pour le futur, s’il leur advenait de trouver une éditeur acceptant de publier leur histoire. C’est tout le mal que nous leur souhaitons. |
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